Pour ceux qui me connaissent sur le forum, ils savent sans doute combien les parcs Disney ont compté et peuvent encore compter pour moi, notamment en ce qui concerne la branche créative des parcs, l’Imagineering.
Lorsque la décision d’aller en Californie a été prise et que cette possibilité s’est révélée, il s’agissait donc d’une sorte de pèlerinage, non pas d’un retour aux sources, mais d’un aller simple sur les traces du premier parc Disney, le parc ouvert et inauguré par Walt, le plus emprunt de son essence, de sa philosophie. Un voyage dans le temps, à la recherche des pensées matérialisées par son créateur et ses équipes, un état des lieux de ce qu’est devenu Disneyland, et une recherche d’espoir sur son héritage, l’Imagineering d’aujourd’hui et de demain.
Nous partons donc ensemble, si vous le voulez bien, et une fois que les nombreuses illustrations seront chargées, à la découverte du parc Disneyland.
Nous sommes au petit matin d’un mois de Janvier ensoleillé en Californie. L’air est doux, la T° aujourd’hui devrait avoisiner les 20 degrés °C dans l’après-midi. Nous marchons sur des allées bordées de pelouses et de palmiers dans les rues d’Anaheim. Les autobus sont en grande partie maquillés par des illustrations Disney, des personnages souriants et des couleurs vives. Tout est vaste, les rues sont larges et aérées, les passages piétons sont longs et un compte à rebours se met en marche pour indiquer le passage au rouge. L’entrée des parcs Disney est très proche, ils sont situés au beau milieu de la ville, qui s’est développée il y a déjà quelques dizaines d’années tout autour. Rappelons pour ceux qui ne le savent pas, que Walt avait choisi un lieu en bordure de la ville, à l’extérieur, mais il avait rapidement pris conscience que le parc allait attirer toute la profession hôtelière, et son flot urbain d’infrastructures envahissantes qui allaient enfermer Disneyland et empêcher son extension future : il avait donc choisi d’exporter son concept en Floride, le futur Disneyworld.
Aujourd’hui, tout est parfaitement intégré dans la ville, les rues à angles droits forment des blocs rectangulaires de superficies variées, et les parcs Disney ainsi que le Downtown Disney, l’équivalent du Disney Village en France, occupent l’un d’eux. Les parkings (à étage) et les hôtels sont en bordure et en dehors. Le monorail Mark nouvelle génération assure la navette entre les parcs et le reste.
Nous approchons du dernier carrefour, l’entrée piétonne et celle des navettes Disney en provenance de l’aéroport et d’hôtels environnants. En attendant l’ouverture, nous avons prévu de prendre un copieux petit déjeuner dans une enseigne bien connue aux Etats-Unis : la Maison Internationale des Pancakes ! Plusieurs formules sont proposées, dont les fameuses « all you can eat », tout ce que vous pouvez manger. Le restaurant présente une enfilade de tables à la façon d’un « dinner », une serveuse nous place et un autre prend et sert nos commande, vient nous resservir en café ou autre boisson à volonté.
Assiette de charcuterie, œufs et pommes de terres, et les fameux pancakes, à arroser à volonté de sirop d’érable entrent dans la danse. Nous avons le choix entre cinq sortes de sirops, le classique et indémodable, et quatres autres aux fruits.
De quoi commencer une bonne journée :
La noisette de chantilly (enfin qui ressemble à de la chantilly) est en fait une sorte de beurre très sâlé. C’est assez spécial (et très gras sur la langue), j’ai préféré l’écarter pour le remplacer par du sirop d’érable. Les pancakes étaient moelleux et fondants, chauds et riches en beurre.
Lorsque nous sortons du restaurant, nous voyons déjà un certain nombre de piétons qui attendant pour traverser. Le rail du Mark dessine une frontière aérienne, au-delà de la route, et plus au loin encore, un wiennie tout blanc, de réputation mondiale, élance ses courbes vers un ciel sans nuage : Space Mountain.
Nous traversons la route et franchissons les premières arches bigarrées et flanquées du Disneyland Resort à la police si singulière. La végétation est ici présentée de façon harmonieuse et entretenue à la feuille près. Nous y sommes, tout s’appelle Disney, la musique se fait entendre, les classiques s’entremêlent avec des productions récentes, les pères de familles gardent un regard attentif sur leurs enfants déjà surexcités au milieu de la foule.
Les autocars d’Anaheim semblent abonder, des voiturettes passent, un monorail fend l’espace d’une magnifique couleur rouge aux reflets changeants. Tout le monde se dirige vers une même ligne d’horizon, une frontière où les sacs sont auscultés avant de pouvoir accéder à la place centrale du resort.
A notre gauche, des lettres géantes posées sur le sol écrivent le mot C-A-L-I-F-O-R-N-I-A et invitent à entrer dans le nouveau parc, le Disney California Adventures. En face de nous, le Down town Disney, et à droite… A droite c’est beaucoup plus explicite, un mince filet de caisses ne dissimule pas les toits d’une gare reconnaissable entre mille, et qui surplombe une butée fleurie.
Simple et sans fioriture, authentique et apaisante, elle invite au contournement de la colline pour découvrir ce qui se cache derrière, comme dans les films de Western ou la caméra découvre la nouvelle ville après à avoir passé la gare par laquelle le train civilisateur est arrivé. Nous passons une plaque qui joint le mouvement au symbole, la découverte commence.
Town Square nous voilà ! Fanfare, ragtime et drapeau américain rehaussent l’esprit matinal de la place. City hall, Great Moments with Mr. Lincoln ! L’identité commence là, le premier city hall, bâtiment bien détaché des autres, et l’attraction patriotique par excellence, que l’on ne peut voir qu’ici. Tout est bien entretenu, tout semble neuf, on dirait que le parc a ouvert la semaine dernière. Les talons aiguilles des dames vont-ils s’enfoncer dans le bitume ? Un seul détail semble nous montrer l’âge du parc : les arbres ont confortablement poussé, ils ont pris leurs aises, et c’est tant mieux, le charme de la place n’en est que plus grand et authentique.
La présence du style de Mary Blair semble s’étendre jusqu’ici, et ne pas se limiter au fond du parc. Pour exemple, à côté de l’affiche d’Alice, on peut voir des motifs géométriques dessinés sur les flancs de la gare, reprenant le concept des façades d’It’s a small World.
Un tour d’horizon fait chercher au visiteur connaissant le parc parisien, des éléments qu’il connaît, qu’il croit reconnaître, mais ne trouve pas à coup sûr. Ici vous ne trouverez pas d’arcades sur les côtés, l’emporium vous semblera familier mais bien simple, et vous êtes priés de faire du tri sélectif si vous jetez quelque chose.
Si j’avais un mot à utiliser pour caractériser cette place, ce serait « accomplie ». Chaque élément y a sa place, mais on sent que cela s’est fait par touches successives, que les choses se sont faites à leur rythme, de façon réfléchie, tranquille et harmonieuse.
Nous nous avançons vers la rue de Main Street, dont l’esprit me semble assez… étrange. On voit tout de suite que les façades n’ont pas l’harmonie des façades du parc parisien, et c’est une remarque qu’on a du mal à s’empêcher de faire, car la différence est vraiment marquante. Tout est plus simple, les idées du rêve sont là, mais juste suggérées, balbutiantes, plus réelles que stylisées.
Au loin…c’est le château. Modeste, décoré, presque noyé dans la verdure. La rue est vite parcourue, elle est plus courte que dans celles qui ont suivi, et Central Plaza est très verdoyante. Au centre pas de scène, mais la statue Partners entourées d’autres bronzes de personnages des chefs d’œuvres de l’animation Disney.
Ce qui est également frappant, c’est l’avancée de chaque Land sur la place. Orbitron est quasiment dans Central Plaza, l’entrée d’adventureland aussi. Sur la droite du château, une immense masse de faux rocher d’un goût douteux ne doit son salut qu’à son statut historique : le Matterhorn, s’il devait être gardé, mériterait d’être refait de fonds en combles.
Nous commençons la visite du parc dans le sens des aiguilles d’une montre, et entrons donc dans… Adventureland. L’ordre des lands et même la présence de certains Lands n’est pas la même qu’ailleurs.
Comme je le disais, l’entrée est nette et franche, la transition avec le style de Central Plaza n’est pas évidente, mais vite compensée par une immersion totale dans la jungle colonisée du début du siècle.
En entrant, à gauche, se trouve directement une légende de l’Imagineering, berceau des premiers audio-animatronics, Walt Disney’s enchanted Tiki Room. Ouverte en 1963 dans sa version d’origine, cette attraction propose un spectacle d’oiseaux venus de tous les continents, chantants et plaisantant au cœur d’un paradis tropical en pleine saison de la mousson. Ce formidable petit espace présente pas moins de 225 animatroniques, oiseaux, fleurs, totems et autres surprises. Aujourd’hui restaurée, elle garde tout son charme, un petit côté désuet par sa dimension intime, historique par la force des choses, désarmante de candeur et d’esprit « hors du temps ».
Juste en sortant, nous parcourons une rue de village africain, cernée par la végétation tropicale. L’ombre est très présente, et indispensable avec du soleil quasiment toute l’année. Une autre entrée porte un nom très évocateur « Jungle Cruise ». Nous entrons dans une construction mêlée de pierres, de bois, d’invitation au safari aquatique. Nous embarquons dans des bateaux légers, pilotés par des guides qui jouent leur rôle à merveille et sillonnons à travers des massifs denses de bambons géants, de ficus et de palmiers. Là aussi, le charme et l’efficacité de l’humour des différentes scènes fait son effet.
Nous continuons ensuite dans le même village africain, et cette fois, Indiana Jones Adventure se profile au milieu des feuilles.
Discrète au premier abord, cette attraction se révèle être un crescendo de thématisation qui crée une véritable secousse sismique dans le ressenti que nous avons vis à vis du parc. Commençant par un parcours qui nous plonge dans l’univers extérieur des films, en plein camp d’archéologue, un peu de la même façon qu’à paris, utilisant les vrais véhicules du film de l’Arche perdue.
Le cheminement nous conduit entre les roches taillées et les échafaudages en bambous, et nous fait pénétrer sous terre, entre vestiges oubliés et installations abandonnées. La lumière du jour se fait plus rare, puis disparaît presque complètement. Nous traversons des salles magnifiques aux pièges déjoués et bloqués par les archéologues. Pour la suite, je vous engage à la découvrir par vous mêmes. La surprise est de taille. Je vous dirai juste qu’on en prend vraiment plein les yeux. La taille des décors dépasse tout ce que j’avais jamais vu jusqu’à présent. A ce stade, Imagineering a porté la grandeur à la démesure, pour notre plus grand plaisir.
Au sortir de cette attraction, nous passons sous l’arbre de Tarzan, qui devait faire une petite sieste car nous ne l’avons pas entendu s’égosiller avant de survoler nos têtes suspendu à une liane.

Le style de la végétation change, les allées s’agrandissent, se pavent, de petites bordures apparaissent, puis des murets, et une majestueuse demeure à colonnade fait face à un fleuve. Malheureusement pour nous, Hanted Mansion était en période de transition entre sa version de Noël et sa version normale, elle était donc inaccessible pour les simples mortels.
Et immédiatement, Pirates des Caraïbes se profile, sur une construction de la Nouvelle Orléans, en bordure des rives d’un fleuve.
Juste au-dessus de l’entrée de l’attraction se trouve la Dream Suite du parc. Son équivalente en Floride est dans le château de Cendrillon.
L’attraction est vraiment très réussie, si l’on parlait d’un film je dirais que la « photo » est magnifique. Les effets de brume, d’apparitions, de contraste et de mise en scène sont extrêmement efficaces. Certaines scènes sont semblables à celles que l’on connaît déjà, d’autres différences sont très marquées, comme le fait que la remontée des bateaux se fasse à la fin de l’attraction, que Jack Sparow soit très présent et que la scène de l’incendie soit beaucoup plus statique. Sans parler du cadre extérieur de l’attraction qui est complètement différent.
Juste sur la droite, au début d’une rue de la Nouvelle Orléans, se trouve l’entrée du Blue Bayou, le restaurant de l’attraction, et jouxtant celle-ci, dans le même style puisque faisant partie du même bâtiment, l’entrée du mythique club 33, dont la liste d’attente pour son adhésion a été clôturée il y bientôt quatre ans, victime de son succès et d’une longueur d’attente de plus de dix ans.

La rue en elle-même était encore fichue de décorations de noël dans un style extrêmement chargé, façon trésor de pirates et carnaval de Venise.


Il est amusant à ce stade de constater combien les attractions s’enchaînent en guirlande continue, la route qui les relie n’est pas tellement sinueuse, on dirait plutôt une sorte de longue rue aux atmosphères variées, le long de laquelle les attractions mythiques ont leur devanture.
La suivante est Splash Mountain, un autre grand classique, au contenu sympathique et entraînant, mais qui n’était pas à la hauteur de mes espérances. C’est un sans faute dans son style, mais un style somme toute assez peu immersif, un peu trop « carton pâte » à mon goût.

Nous arrivons à la fin de cette première partie de la visite, il est temps d’aller manger un morceau, pourquoi pas un gâteau au miel chez Winnie l’Ourson, juste à côté, et nous nous retrouverons plus tard pour aller braver les falaises de Big Thunder Mountain !














































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